HYMNE A LA PARESSE
 

J'ai déposé les rames au pied de mon bateau
Pour me laisser dériver au fil de l'eau
Ma main chatouille la surface de l'étang
Des petits ronds se forment tout doucement
Ce n'est pas le vent qui m'emmènera bien loin
Lui aussi se la joue tranquille ce matin
En attendant le soleil me caresse
C'est vraiment un temps de rêve pour la paresse


Je promène mes pieds nus sur le gazon
Je cueille une jonquille pour l'offrir à un papillon
Il y a des jours où comme ça tout va piano
Envie de faire la course avec un escargot
À l'ombre d'un chêne je me suis arrêté
Je me fabrique un coussin en rassemblant quelques feuilles séchées
À peine allongé le sommeil me caresse
C'est vraiment un temps de rêve pour la paresse


Quand j'imagine tout ce que je devais faire aujourd'hui
Je sens comme un nouvel élan de faiblesse
Ranger sa chambre, c'est pas une vie
Je ne suis pas sûr de pouvoir tenir ma promesse
Je boirais bien un grand verre de thé glacé
Mais pour ça il faudrait que j'arrive à me lever
En attendant qu'une bouteille apparaisse
Je laisse tomber mes paupières tout en souplesse


J'entends au loin un rossignol chanter
Sa petite voix fluette m'enivre et me berce
Puis dame coccinelle
Sur mon bras s'est posée
Mais la dame s'est changée en demoiselle

Je me suis réveillé le nez dans mes cahiers
Sous le regard très contrarié de la maîtresse
C'est ainsi que la balade s'est terminée
Je n'ai fait que rêver cet hymne à la paresse
 

Dinard / Pennautier 2007
Paroles : Luc Tallieu / Bruno Coupé
Musique : Bruno Coupé