LES FOURBERIES D’ESCARPINS

 
Sur les pentes escarpées
De tes escarpins dorés,
Tu crois le monde à tes pieds
Et tous les hommes à ta botte.

 
Sur les hauteurs démesurées
De tes talons surdéveloppés
Tu vois les hommes assez simplets
Pour choir à terre quand tu sanglotes.

 
Sur la doublure en peau fourrée
De ton manteau super branché,
C’est la griffe du grand couturier
Qui t’égratigne quand tu grelottes.

 
Tu me regardes sans me voir.
Et dans le fond de tes yeux noirs
Je passe de mode en un regard,
Avant les soldes, je dévalue…
 

Sur les pentes escarpées
De tes escarpins dorés,
Tu crois le monde à tes pieds
Et tous les hommes éphémères.

 
Sur tes semelles compensées
Qu’on pensait à jamais passées,
Tu vois les hommes un peu légers
De croire aux mots que tu leur sers.

 
Sur les revers de ton ourlet
Se plient en quatre volontés
Les hommes qui tachent de détacher
La ceinture noire qui te lacère.

 
Tu me regardes sans me voir.
Et dans le fond de tes yeux noirs
Je passe de mode en un regard,
Avant les soldes, je dévalue…

 
Des rouges à lèvres qui ne tachent pas,
Des Khôls qui nagent sur les paupières,
Des fards qui cachent, des mascaras,
Des poudriers des poudrières.
Tous tes appâts, tes apparats
Maquillent ce qui est vraiment toi.

 
Tu me regardes sans me voir.
Et dans le fond de tes tiroirs
Dans tes commodes, dans tes armoires,
Avant les soldes, je n’y suis plus…


Pennautier le 1 février 2006
Paroles : Luc Tallieu 
Musique : Denis Bouvier