OBSCUR
 
J'ai l'ivresse de tes profondeurs
Qui me remonte au bord du cur,
Mes souvenirs refont surface
Et ta chaleur me laisse de glace.

Je n'attends plus rien de ta part.
Je fuis le moindre de tes regards
Je m'éloigne de ton univers
Sans refaire, les erreurs d'hier.

Sur le tableau de mes nuits noires
Mes souvenirs sont bien en craie,
Et ils s'effacent de ma mémoire
Sans un effort, sans un regret.

Vers les profondeurs de l'obscur,
Une aigreur de mauvais augure
Eclaire la noirceur de mon âme
D'une lueur qu'un ange condamne.

Les rayons de l'aube n'ont plus cours.
Ton soleil a fuit mon été.
Les hayons des rêves sont trop courts
Pour cacher ma nudité.

Sur le tableau de mes nuits noires
Mes souvenirs sont bien en craie,
Et ils s'effacent de ma mémoire
Sans un effort, sans un regret.

Il n'y a rien à attendre du ciel,
Les dieux sont tombés en syncope.
Et pour avoir de tes nouvelles
Ma belle, je lis ton horoscope.

De ton zodiac tu me fais signe.
Moi, tous mes bateaux ont sombrés.
Même si tu t'en crois encore digne,
Tu prends le large dans mes pensées.

Sur le tableau de mes nuits noires
Mes souvenirs sont bien en craie,
Et ils s'effacent de ma mémoire
Sans un effort, sans un regret.

Je te raye de ma carte,
il vaut mieux que tu partes,
J'abandonne mes repères,
Même si je te reperds.

Quand je pensais trouver
Un goût de liberté.
J'abandonne mes repères
Tant pis si je me perds.

J'ai trop voulu chercher
Les trésors oubliés,
Il n'y a rien de nouveau
dans nos points cardinaux.

Quand l'ouest est un peu leste,
même le sud perd le nord.
S'il fallait que tu restes,
moi j'y perdrais encore.

Sur le tableau de mes nuits noires
Mes souvenirs sont bien en craie,
Et ils s'effacent de ma mémoire
Sans un effort, sans un regret.

 


 

Pennautier 2002 / 2009
Paroles : Luc Tallieu
Musique : Frank Bechemilh